Par Auteur inconnu — This reproduction was scanned from Meyer, F.: Schweizergeschichte von der Bundesgründung bis Marignano, Lehrmittelverlag des Kantons Thurgau, Frauenfeld 1976. No ISBN., Domaine public, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=721047

Solidarité internationale aux pays émergents : la Suisse peut-elle mieux faire ?

Lors de la cérémonie du 1er août, j’ai été invitée, en tant que Présidente du Conseil communal, à lire le Pacte fédéral devant la population et la Municipalité de Nyon.

Certes, huit siècles nous séparent de ce traité fondateur.

Sur certains aspects, il date de son époque, quand sont énoncées la sévérité des sanctions pénales ou encore pour la soumission à son seigneur.

Pourtant, à certains égards il est tout à fait remarquable sur le fond comme dans sa structure.

S’ils mentionnent l’appui et l’assistance, les rédacteurs prennent soin d’être précis sur les obligations des individus vis-à-vis des devoirs préexistants (son seigneur, son juge), et aussi sur les sujets qui fâchent (le fait d’héberger quelqu’un qui aurait été condamné ailleurs) anticipant d’éventuels flous ouvrant à de potentielles discordes.

Cette lucidité devrait nous inspirer : combien de textes sont aujourd’hui incomplets ou peu orientés entraînant des difficultés d’application, laissant ceux qui doivent les mettre en œuvre dans un embarras tel que les intentions se heurtent au mur des réalités.

Pour certaines ordonnances fédérales par exemple, les aides à l’exécution viennent parfois tardivement, peuvent être peu axées sur la pratique.

J’observe aussi la profonde humilité des auteurs dans leur rédaction : on rend hommage à Dieu en début, puis à la fin du texte : « si Dieu y consent », alors qu’ils s’inscrivent dans un temps long puisque le pacte dure « à perpétuité ».  

Sur le fond, ce pacte définit l’assistance des partis prenants « sans ménager ni leurs vies, ni leurs biens ». Là encore, l’esprit est clairvoyant : la solidarité n’est pas un vain mot, elle a un coût sonnant, trébuchant qui peut être parfois élevé.

C’est une bonne leçon pour notre époque actuelle où mot « solidarité » est usé à toutes les sauces mais il ne doit alors pas coûter, du moins pas trop.

Aujourd’hui face au variant indien, rebaptisé Delta, l’Inde a crié au secours suite à l’explosion pandémique, manquant de tout ou presque.

Les nations riches ont accouru avec quelques moyens. 50 respirateurs notamment du côté suisse.

Pour une nation riche comme la nôtre face à une population de plus d’un milliard d’individus, c’est évidemment dérisoire.

Quelques semaines après, le variant déferle sur l’Europe de nouveau, gâchant la réouverture touristique ainsi que l’été de millions de citoyens, citoyennes et la reprise économique pour nos entreprises.

L’intérêt bien compris des nations riches aurait peut-être été mieux servi en envoyant rapidement des moyens substantiels à la hauteur des défis rencontrés par la nation indienne.

Pour ce défi planétaire qu’est la COVID, apprenons de nos erreurs et soyons par pragmatisme, solidaires des autres nations.

Partager cet article

Partager cet article